5 juillet 2010

Triathlon XL de Guerlédan, 3 juillet 2010

par Pascal

Voici mon compte-rendu du triathlon XL de Guerlédan. Je ne dirai presque rien de la course d’Anouk, lui laissant le soin de vous en parler. Juste une petite chose. Il y a maintenant dans notre cave un jéroboam (3l) de champagne premier cru avec marqué : « triathlon XL de Guerlédan, vainqueur femme » ... Il faudra nous aider à le boire d’ailleurs.

Donc une course au format 4/120/30, ce qui devient rare ; vous comprendrez que le CR soit lui aussi au format XL !

Le triathlon de Guerlédan est une course toute nouvelle, crée par Ronan Guilloux, un passionné très sympa qui avec son équipe RS Organisation a fait naître pas moins de six nouvelles épreuves cette année en Bretagne formant un challenge, le TriChallenge. Début avril on avait testé le duathlon de Gourin, moi sur le LD et Anouk sur le CD. On avait adoré l’ambiance malgré les conditions météo difficiles en Bretagne à cette date, et l’idée avait germé dans nos esprits un peu malades de tenter au moins un des deux triathlons longue distance du TriChallenge (l’autre étant un semi-iron qui a lieu fin août à Huelgoat).
Nous nous sommes décidés assez tardivement, et du coup nous n’avions pas fait d’entraînement spécifique pour ce genre d’épreuve, même si j’avais de mon côté plusieurs sorties de plus de 100 bornes dans les jambes. Sur le papier, le parcours vélo me semblait sélectif mais nettement plus facile que celui de Gourin (1500m de D+ annoncé pour 125km, contre 1800m pour 102km ; en fait je pense qu’il y avait plus que ça, du moins c’est ce que me dit ma montre ...), et je me suis présenté au départ avec tout l’attirail aéro (roue à battons bien lourde de 1,2kg à l’arrière, casque aéro et bien entendu mon fidèle P2C, mais là il n’y avait pas le choix de toutes façons ...). Honnêtement je pense a posteriori que s’il y a un parcours vélo où le matos aéro n’est pas vraiment avantageux c’est bien celui-là !
Arrivés sur le site du départ nous découvrons un cadre splendide. Les concurrents ont l’air bien affutés et je reconnais quelques têtes, comme celle d’Arnaud Constans, l’un des meilleurs vétérans de Bretagne, dont le chrono en vélo à l’arrivée me rappellera une nouvelle fois que je suis un cycliste tout juste passable.
J’ai eu un petit doute lorsque le speaker a annoncé qu’il y avait deux bosses difficiles à chaque tour en plus du tout venant de la bosse bretonne, l’une de 11% et l’autre de 15%, mais j’étais trop occupé à me demander dans quel état je terminerai les 4km de natation pour vraiment m’inquiéter. Quoiqu’ayant longuement pensé à d’infimes détails, par exemple au nombre exact de gels qu’il fallait emporter et à l’endroit idéal où les ranger, je me suis pointé au départ avec des chaussures de CAP ultra-légères pas du tout adaptées au parcours et en ayant en outre oublié mes chaussettes. Il était trop tard pour aller les chercher, donc je me suis dit que ça irait très bien sans chaussettes malgré les 30km de CAP au programme.

Natation

Là demi-surprise : alors que c’est ce qui m’impressionnait le plus dans les triathlons longs, la natation dans le magnifique lac de Guerlédan s’est révélée plutôt facile et même agréable pendant un bon moment. L’eau était à 21°, le parcours consistait en deux boucles de 2000m avec sortie à l’australienne. Seules difficultés : d’une part une longue ligne droite de 850m, interminable, et ensuite une partie avec le soleil de face où l’orientation n’était pas très facile. Mais comme il n’y avait pour ainsi dire pas de bagarre, que le paysage était beau et que l’eau était propre, ça a commencé comme une partie de plaisir, et j’ai été surpris lorsque j’ai aperçu l’oriflamme rouge qui indiquait l’emplacement de la sortie à l’australienne. Bon, je dois avouer que le second tour fut nettement plus poussif, mes petites épaules n’ayant pas l’habitude de travailler pendant plus de 2 ou 3km. A la sortie de l’eau mon chrono indiquait 1h28, soit mon allure sur sprint voire un peu plus vite, d’autant que les 4km y étaient vraiment d’après le chrono du premier. On m’annonce en 118ième position sur environ 130 ou 140 partants, il est clair que je suis encore loin du niveau moyen sur ce type de course en natation mais ça n’est pas une surprise.

Vélo

J’étais censé être dans mon élément, et j’ai commencé à mettre en oeuvre mon plan assez simple : rouler autour de 140 pulsations/mn, soit un chouïa au-dessus de mon allure d’endurance active en vélo, et rattraper le plus de monde possible le plus vite possible. Je visais en gros du 30km/h de moyenne sachant le parcours très sélectif ; en Bretagne je roule souvent à 30 de moyenne sur des parcours très valonnés, ça me semblait donc réalisable. Effectivement, je finis le premier tour en gros à cette allure, mais déjà très entamé. Je me suis donc largement sur-estimé, d’abord dans le choix des braquets (pour les spécialistes, j’aurais dû mettre une cassette 12/27 et pas ma cassette habituelle en 12/25). Du coup les deux tours suivants seront effectués à une vitesse décroissante, sans d’ailleurs que je m’en aperçoive vraiment sur le coup. Au total je fais autour du vingtième temps en vélo, ce qui n’est pas si mal, mais avec une grossière erreur dans le rythme. J’ai vraiment dégusté dans le dernier tour, surtout dans la bosse à 15%. Malgré ces cafouillages de débutant, j’ai adoré le parcours magnifique, avec son alternance de paysages champêtres, de vues sur le lac, de cours d’eau, de forêts. Du triathlon rustique comme on l’aime. Le second tour a été le plus sympa même si je commençais à souffrir : j’ai en effet rejoint certains concurrents du CD qui avait lieu sur le même circuit, et ce fut un plaisir de les doubler dans la bosse à 15% ! Un seul point vraiment négatif : le revêtement était complètement pourri sur une bonne partie du parcours néanmoins, ça ce fut vraiment dur pour mes articulations. Sur le coup je me suis juré de ne jamais faire d’ironman — mais ce genre de promesses, ça ne compte évidemment pas. Un dernier détail amusant pour finir : l’un des bidons de boisson sucrée fournis aux ravitaillements étant mal fermé, j’ai pris une douche en essayant de boire et je me suis retrouvé tout poisseux - ce qui fait qu’à chaque fois que je changeais de vitesse, je faisais un petit écart, mes mains collant littéralement à la guidoline.

Bilan vélo : 125 km en 4h16, 29,3km/h de moyenne, D+ 1600m. Autour de la vingtième place (désolé de l’imprécision, ayant perdu ma puce lors de la première transition je n’ai pas mes temps intermédiaires officiels).

Course à pied

Dans le parc à vélo avant le départ, on discutait entre concurrents sur un ton inquiet du parcours de CAP. Il était annoncé relativement plat, mais en voyant serpenter le chemin sur les collines autour du lac, on s’apercevait bien qu’il s’agissait d’une blague pour ne pas nous effrayer et qu’en réalité ça serait assez vallonné. Certes, je dois dire que du point de vue esthétique les organisateurs se sont surpassés : ils ont réussi à tracer un circuit splendide, en partie sur le parcours d’une ancienne voie de chemin de fer transformée en voie verte, en partie sur de pittoresques sentiers caillouteux. Mais évidemment, l’esthétique du paysage breton a ses contraintes qui ne sont pas toujours complètement conciliables avec l’état des muscles d’un triathlète lambda après 5h40 de course. Dans mes rêves les plus fous, je pensais pouvoir tenir du 12km/h de moyenne (mon allure marathon étant autour de 13,5). Rappelé rapidement à la réalité par une première côte dès la sortie du parc à vélo, je me dis que du 11km/h de moyenne ça serait déjà très bien, et effectivement je terminai le premier tour en 54’. Et puis les arrêts aux ravitaillements furent de plus en plus longs, certains concurrents commencèrent à marcher de temps en temps, et la tentation de s’arrêter piquer un somme au bord du chemin commença à pointer. C’est vraiment long 30 km, mais on fini par arriver au bout ! J’ai couru le dernier tour en un peu plus d’une heure sur le mode survie, et pourtant j’ai doublé quelques gars sur cette partie.

Bilan CAP : 2h53 pour 30km, D+ 420m, 10,4 km/h de moyenne. Autour de la 40ième place.

Scratch : 40ième/103 finishers, en 8h39. Soit 39’ de plus que mes prévisions, mais vraiment très content tout de même, ça restera certainement un de mes meilleurs souvenirs sportifs.

Au final, quel pied ! C’est certainement une course très difficile, peut-être même un peu trop difficile dans le parcours vélo. Mais les paysages et l’ambiance exceptionnelle entre coureurs ont vraiment rendu la journée inoubliable. En comparaison avec un marathon, je persiste à penser que même avec un parcours aussi dur, une épreuve enchaînée de ce type reste presque tout le temps agréable malgré quelques moments pénibles, et qu’on en sort moins fracassé. Il ne reste maintenant plus qu’à comparer avec la distance Ironman à Cambrai le 29 août.


6 juillet 2010

A mon tour de vous raconter cette aventure. Ca ne sera pas redondant, car nous n’avons pas fait exactement la même course : moi j’ai discuté avec l’arbitre dans le bateau-balai, puis avec le conducteur de la voiture-balai, par exemple, expériences dont tout le monde ne profite pas !

Au début de la natation, après le passage de la première bouée, il y avait encore des gens derrière moi. Comme j’avais pris un rythme (assez tranquille), j’ai un peu rêvassé, et à un moment, quand j’ai relevé la tête, j’étais au milieu du lac, et je me disais : mais où est-ce qu’ils sont tous ?! Premier gros détour. J’ai dû faire beaucoup plus que 4 km en tout ! Au moment de la sortie à l’australienne, je ne voyais pas du tout les couleurs des bannières à cause du soleil, donc j’ai failli sortir à la bannière bleue alors qu’il fallait aller jusqu’à la rouge, mais j’ai quand même réussi à entendre ce qu’on me criait. Et au début du 2e tour, j’ai visé une bouée blanche, mais ce n’était pas la bonne … Ce qui explique que je suis sortie en dernier de l’eau, pas très loin derrière l’avant-dernier, cependant, que j’ai doublé à vélo ensuite (mais il a dû abandonné, d’où la rencontre avec la voiture-balai).

La boucle de vélo était si dure que j’étais déjà super fière d’avoir réussi à la finir une fois ! Du coup, j’ai continué. Au deuxième tour, plusieurs mésaventures : d’avord un chat a traversé la route juste devant ma roue dans une descente très rapide (au premier tour, c’était une chèvre), et surtout, impossible de passer le petit plateau dans les côtes. J’ai des ampoules au pouce gauche tellement j’ai appuyé rageusement sur la manette ! Au bout des deux tiers de la deuxième côte, la plus dure, je me suis dit que ça suffisait, je suis descendue du vélo pour passer la chaîne à la main. Et ensuite, l’esprit un peu embrumé par l’effort, je suis tombée avant d’avoir pu fixer la chaussure droite, par manque de vitesse. C’est là que le monsieur de la voiture-balai m’a demandé si je voulais arrêter, et je lui ai dit qu’il n’en était pas question. A la fin du deuxième tour, j’ai croisé les derniers du CD, qui finissaient la course à pied. Ils m’ont beaucoup encouragée, j’étais ravie ! Au troisième tour, j’ai employé des ruses de sioux pour passer le petit plateau bien avant le début des côtes, en rétropédalant, en sautant sur la selle, etc. Ca a marché, et donc j’étais euphorique en finissant le vélo.

Du coup, erreur classique, j’ai commencé la CAP trop vite : j’avais dramatiquement sous-estimé la fatigue du vélo, la chaleur, et surtout le dénivelé à chaque tour. Mais comme les premiers de la course arrivaient au moment où je commençais à courir, je me disais que je ne devais pas traîner (c’est là que j’ai entendu l’interview du premier, qui disait que le vélo était très dur mais qu’heureusement, le petit plateau passait …). J’ai fait le premier tour en 1h, le 2e en 1h10, et ensuite, les choses vraiment difficiles ont commencé. J’étais bien déterminée à finir, mais à certains moments je me demandais si je pourrais encore mettre un pied devant l’autre. Je me suis donc traînée lamentablement, ne récupérant un peu d’énergie qu’à la toute fin, pour arriver en trottinant douloureusement. Mais j’ai été bien récompensée ! Recevoir un jéroboam des mains du maire de Mûr de Bretagne, ça n’arrive pas tous les jours !

Bref, ça m’a énormément plu, j’ai regretté de ne pas m’être un peu plus entraînée en CAP, mais ça n’est que partie remise.


6 juillet 2010

Woooo !!!
Franchement bravo à vous deux !! Réussir une course longue comme ça, c’est super, enfin en tout cas moi je ne suis pas encore prêt ...

Super résumé qui donne vraiment envie, avec pleins de rebondissements et de suspens, on dirait un film :D

Encore CHAPEAU !!!! BRAVO !!!!!! :D


6 juillet 2010

Bravo à tous les deux.... Super du champagne !

Et merci pour ces deux résumés plein de vie, on s’y croit et ça donne envie.
Donc Vivement le XL de Gerardmer. Heureusement, c’est dans 2 mois...


7 juillet 2010

A Gérardmer il y a environ 600m de D+ par tour dont une belle bosse avec passage à 15%, donc 1800m de D+ en tout :

Belle course en perspective ! Comme entraînement sur Paris il y aurait 40 fois la rue de Ménilmontant en vélib éventuellement.


7 juillet 2010

Avec Gilbert on ira s’entrainer sur le parcours quelques jours avant. Vu tes développements pris sur ta course bretonne je n’hésiterai pas à mettre un 39/27 pour les passages un peu raide, en particulier le début de la montée à Grosse Pierre. Par contre un 12 dents suffira amplement dans les descentes sinueuses à souhait. Gilbert aura quelques avantages sur moi étant monté en 52 dents et lui en 53.


7 juillet 2010

Personnellement j’aime bien rester assis et garder une fréquence de pédalage assez élevée dans les bosses, j’utilise donc le 25 très souvent. Ce que j’ai remarqué à Guerlédan en tous cas c’est qu’il faut vraiment essayer de s’économiser dans les cotes les plus difficiles afin de ne pas accumuler trop de fatigue pour la course à pieds. Or c’est tout simplement impossible si on n’a pas les bons développements ! Je pense avoir gagné disons 1’ dans la bosse de Perret en passant en force, mais j’ai bien dû perdre au moins 10’ ensuite en CAP à cause de la fatigue musculaire. En fait la meilleure stratégie en triathlon LD sur un parcours sélectif me semble presque l’inverse de celle qu’il faut avoir sur une course cycliste : il faut plutôt y aller en souplesse dans les bosses, où on est de toutes façons nettement au-dessus de l’intensité moyenne idéale, et plutôt forcer dans les descentes et les faux plats descendants. Donc effectivement je pense que prendre une cassette de 12/27 pour Gérardmer est une très bonne idée.


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