28 août 2012

Triathlon LD de l’Alpes d’Huez 2012

par Yann

Je ne sais pas trop par quoi commencé tellement il y a de choses à dire ! Dois-je décrire les jours qui ont précédé la course ou bien me focaliser que sur l’épreuve !!
Nous étions 9 à partir à l’Alpe, 6 coureurs et 3 supportrices. Pauline, Othmane, PYT et moi étions alignés sur le long alors qu’Arnaud et Edouard allaient courir sur le CD. Avant la course de l’année (mon objectif principal) nous avons profité de la montagne pour faire quelques activités : hydro speed, rafting, rando en sont quelques exemples… Etait-ce intelligent de faire tous ce sport avant la course ??
Matin de la course : levé sur les 6h je endormi, pas content, et grognon. Cela fait 4 nuits que je ne dors pas plus de 4h par nuit en laps de 2 heures… De légers ronflements et quelques phrases incohérentes de camarades de chambré ont eu raison de mon faible endormissements … le stress d’avant course m’empêchant de me rendormir rapidement. Mise à part cette fatigue, le petit dej passé je me sens bien, Legé (cela fait 2 jours que je n’arrête pas d’aller aux toilettes). Les préparatifs de la course avaient été faits la veille pour un départ rapide. Devant le camion nous faisons tout de même un dernier check… histoire de se rassurer.
Après les 15 virages qui nous amènent en bas de l’Alpe, le chalet était sur le parcours au 6ème virage, nous voilà en direction du lieu de départ. C’est un lac artificiel appartenant à EDF et normalement interdit à la baignade… Ils n’arrêtent pas de nous dire que nous sommes privilégiés . Peu importe je retourne une dernière fois aux toilettes, me voilà fin près pour l’effort… Tout le monde est venu pour nous encourager sur le départ… Je suis concentré sur ce qui va arriver, je me rappelle les conseils de Gilbert « gardes en sous le pied » je ne dois surtout pas faire comme lors des entrainements à savoir tout donner comme si j’arrivai au dernier Km.
Avant la course seule marine connaissait mes objectifs : Objectif 1 : 7h30, Objectif 2 : moins de 8h et Objectif 3 : le terminer. J’évite d’en parler car je n’ai pas envie d’avoir la poisse… j’en souris après coup…
On s’habille, le speaker parle 4 langues… Ce tri est vraiment international, beaucoup d’allemands, et d’anglais… Arrive l’heure du mouillage, elle est fraiche au début 14°C et bonne par la suite… (Technique du président). Le départ se fait dans l’eau, heureusement nous avions vu la vidéo comment faire ce type de départ. Merci président ! Nous sommes tous ensemble sous la rubalise mise en hauteur et simulant la ligne de départ… Je vois Othmane qui prend un peu d’avance. Il reste encore beaucoup de monde devant la ligne, cependant le départ est donné… Je clique sur ma montre et c’est parti…
Nous devons faire 2.2km en deux boucles en triangle sans sorties à l’australienne… La première bouée me semble loin et difficile à atteindre, il y a du monde, beaucoup de monde mais je ne suis pas trop accroché ou tapé. « Ça change ». La deuxième bouée est vite atteinte mais par contre invisible du fait du soleil de face, je suis la foule. J’aperçois un nageur avec une combi Zoot. « Merde » c’est peut être Othmane « qu’est ce que j’ai fait ? Nagé de biais, … ». Je regarde alors la cheville et je ne vois pas de strap jaune (acheté spécialement au couleur de l’EPPG), ce n’est donc pas lui. La troisième bouée est dans la ligne de mire de l’arrivée… ça été frustrant de la contourner et de tourner le dos à l’arche . Allez la deuxième boucle sera plus facile car moins de monde…
Dans la seconde boucle j’essaye de dérouler d’avantage ma nage, aller chercher loin et amplifier mes mouvements… En gros j’essaye de retrouver le rythme que je peux avoir avec un pull… L’ambiance « course » altère énormément ma nage. « Axe d’amélioration ». Les passages des bouées sont toujours un peu compliqués surtout que je nage à l’intérieur et que je les touche à chaque fois. J’arrive à faire les virages en faisant une rotation du corps comme dans la vidéo… En plus d’être beau cela évite de brasser et de cramper… La deuxième bouée est passée pour la seconde fois, direction l’arche. Je regarde autour de moi, je ne vois personne. Ils sont tous à droite… Je ne comprends pas car j’ai l’arche en ligne de mire… Je reste sur mon idée et persiste à ne pas aller dans ce couloir… Je me demande de plus en plus si je ne ferai pas mieux de les suivre plutôt que d’ouvrir l’eau… J’ai quelqu’un dans mes pieds ça me rassure…
Je continue. Le nageur petit à petit revient à mon niveau sur ma droite … Je respire à droite lui a gauche, nous nous regardons, je prends son rythme nous avons du nager plus de 5 min ainsi… on se souriait… à 20 m de la berge il met une mine, je le laisse… J’ai en tête que je ne dois pas m’entamer lors de la nage… j’active les jambes pour ne pas avoir la tête qui tourne lors de la sortie de l’eau (tuyau de PYT), je sors de l’eau en 42 min…
Je cours et dépasse des personnes titubant, le tuyau de PYT n’est vraiment pas percé, j’arrive devant mon vélo, je vois encore celui de PYT… c’est bon j’ai bien fait de suivre mon idée de trajectoire.
Le groupe est devant mon emplacement et m’encourage je stress un peu, galère à retirer ma combi au niveau des pieds… j’ai la pression, Arnaud m’observe… :P. Je mets mon dossard, mes lunettes, mes manchettes (avec difficulté mais à l’endroit), le casque et c’est parti… à moi les 115km de vélo avec plus de 3000 de dénivelé…
Petite bosse à monter avant d’avoir une belle portion de plat descendant, je trifouille ma montre pour changer le sport… pas facile en montée… Je galère tellement que je ne vois pas que je me rapproche du trottoir. Ma roue le touche, je chute dans l’Herbe… « Et merde » je déchausse vérifie que tout est ok les freins ne touche pas… Je cours quelque mettre pour finir la petite montée et ressaute sur mon vélo… Heureusement que je n’allais pas vite…
Je déroule mon vélo, je fais attention de ne pas appuyer… Des groupes se forment déjà ça m’agace… Je les dépasse en faisant bien attention qu’ils ne me collent pas. Un ou deux ont essayé, j’ai de suite zig zagé pour leur faire comprendre que je ne mangeai pas de ce pain là… La première portion est bien roulante. J’arrive au premier ravitaillement qui est au pied de la première difficulté « Alpe Grand Serre »… Je jette mon bidon au moment ou je le lâche, je vois qu’il donne des mini bouteilles… J’essaye d’en prendre deux mais n’en attrape qu’une. « Et re merde » faire une monté avec 50cl d’eau ça va être coton… Surtout que je commence à avoir chaud. Toujours avec la pensée de Gilbert je change de plateau pour monter tranquillement… j’avais estimé 20 de moyenne, je suis plutôt à 14-15… Cette monté est l’équivalente en dénivelé de l’Alpe d’Huez… ça été long… mon mal de dos est apparue… ma hantise.
Une fois arrivé en haut, le ravito là il y a des gourde et à manger… je ne prends que de l’eau j’ai plein de barre et de gels. Je ne veux pas essayer de nouvelles choses pendant la course… Les boissons énergisantes sont à proscrire car l’isostar me rend malade…
Le faux plat descendant reprend, je repense à Ramatuelle et aux courbes de leader one… J’ai quand même peur… Je me fais doubler dans les descentes à forts dénivelés. Ce n’est pas grave, je les reprendrai plus tard… Arrive très vite la deuxième difficulté le col d’Ornons rien à voir avec l’Alpe grand serre ou l’Alpe d’Huez ça devrait passer facilement…La chaleur est de plus en plus pesante… je m’asperge souvent notamment les cuisses je sens qu’elles en ont besoin. Etant tout mouillé j’attire toute les bestioles… Je me fais piqué par des taons… Des vraies saloperies ça m’agace, je m’énerve je frissonne, je n’ai vraiment pas besoin de cet agacement… Ensuite vient un coup de barre dans la montée, pourtant je m’étais alimenté fréquemment. J’ai une fatigue et un questionnement du type « pourquoi tu fais ça, vas y repose toi, dors un peu ». J’avais l’impression d’avoir un petit diablotin sur l’épaule !… Un petit ange sur l’autre épaule me disait « reprend un gel et essaye de garder un rythme constant »… Je termine avec difficulté cette portion… Ensuite cela redescend, je suis conscient du temps perdu sur Ornon alors je me lâche dans les virages… Je me fais plaisir… J’ai en ligne de mire plusieurs coureurs qui ne me distancent pas, je suis donc plutôt content… Mes jambes sont revenues… J’arrive rapidement au pied de l’Alpe… Allez dernière difficulté… Je repense au repérage que nous avions fait… je l’avais monté en 55 min…
Dés le premier virage le fameux diablotin est de retour, mais cette fois il a plus de poids… vraiment plus… j’ai en tête tous les 21 virages à grimper… au troisième je pose pied d’agacement car je n’arrivais pas à rouler à plus de 10km/h… J’essaye de me re-calmer et repartir. Au 5ème virage je repose à nouveau le pied, je veux dormir… les gens m’encouragent et cela me fait une boule dans la gorge… Je repars… les cuisses me brûlent… Je me dit arrête de t’arrêter car sinon un moment tu ne repartira plus… J’essaye et essaye mais c’est une descente aux enfers dans ma tête… Je commence à repenser aux 4 nuits passées et me trouve des excuses « en bois »… Je craque littéralement je vois une chute d’eau, je m’arrête et trempe mes cuisses… Je remonte sur mon vélo et je suis à 8km/h alors qu’avant j’étais à 14… ça me démotive encore plus je m’arrête et vois passer Othmane qui me demande si tout va bien… je lui dis de continuer… C’est ensuite au tour de PYT de me dépasser… J’arrive je ne sais pas comment à un ravitaillement. Je m’arrête et m’allonge dans l’herbe me repose prêt d’une demi heure et repars… Je passe ensuite le virage où tous le groupe nous attendait, je baisse les yeux, honteux de ce que j’étais en train de faire… je n’ai pas osé les regarder… « En l’écrivant je suis encore au bord des larmes ». Je les dépasse tant bien que mal et explose en sanglot une fois le virage passé… J’arrive devant le chalet je bifurque et rentre dans le chalet. Je vais aux toilettes… j’hésite à repartir… Je repense à marine qui a pris une semaine de congés pour m’accompagner… Je repense au 3ème objectif… ne rien lâcher quoi qu’il en coute… je repense aussi à Gérardmer… blessé j’avais continué…
Une année d’entrainement m’aurait rendu plus faible mentalement ? Je souffle un bon coup et repars je ne me suis plus arrêté lors de 5 ou 6 virages suivants… J’arrive enfin en haut de l’Alpe… Prêt du parc à vélo… je trouve facilement mon emplacement car c’était la copie conforme du parc du départ… Le vélo de PYT est bien sur déjà là.
J’essaye de me remotiver en me disant que j’ai complètement chié le vélo mais que je peux au moins faire une belle CAP… au bout de 100m j’ai des difficultés à respirer… J’ai l’impression que mes poumons n’ont plus de place pour respirer… Ma cage thoracique est devenue trop petite… Je marche et retente de courir… idem. Dés que je cours je souffre… là remonté, je me dis que même si je dois que marcher je le terminerai… La chaleur est de plus en plus suffocante … pas un arbre en altitude… Enfin presque j’en trouve un avec une grosse pierre, je m’allonge et tire sur mes cotes pour essayer d’agrandir ma cage :P. Je me relève toujours avec ces douleurs et vois à nouveau Othmane passer… Je marche et marche… ça été le traversé du désert… à l’entrée du va et viens je me demande si je fais demi tour ou si je vais biper au bout… On ne sait jamais… je décide de me laisser le choix je vais biper… Je marche et marche je me fais alors dépasser par PYT qui me réconforte ne me disant que lui aussi le 1er tour il n’avait pas pu courir… Puis viens au tour de Gérard de me dépasser… j’essaye d’emboiter son pas car lui aussi est à son premier tour… impossible… ma dernière carte est Pauline… Quand elle aussi me dépassera il me faudra la coller… J’étais déjà à 1h30 sans avoir terminé le premier tour… il me faudra encore 3h pour en terminer… Là l’idée de l’abandon refait surface… Je croise les autres, ils essayent de me remotiver mais rien n’y fait… Je ne vois pas Marine. Mais où est-elle ? J’ai besoin d’elle, je dois lui parler, lui dire que cette fois je n’y arriverai pas… je la vois enfin je m’approche d’elle, la prend dans mes bras et craque complètement… je lui parle de toutes les douleurs que je ressens, elle me dit d’arrêter que je ne dois pas me mettre en danger… Pauline ne m’avait toujours pas doublé, j’avais toujours cet espoir… cette lueur qui me faisait avancer… J’ai convenu que si je n’arrivai pas à suivre Pauline j’arrêterai… je me remets à marcher pour terminer le premier tour… au bip je vois un petit bout de femme blonde casquette vissé sur la tête qui me sourit, c’est Pauline… j’essaye de l’accrocher… le premier km est horrible j’insiste sur le fait qu’elle doit courir à son rythme, c’est à moi de suivre. J’essaye de me calmer pour détendre ma cage… Je ne lâche pas… Je dois la suivre… On arrive devant le groupe, l’émotion est telle que cela me refait un nœud à la gorge, j’en pleur à nouveau de douleur… Mais pauline est prêt de moi, je lui parle… ça me fait du bien… passé quelques minutes la douleur, bien que présente, j’arrive à ne plus me focaliser dessus et penser plutôt à la ligne d’arrivée… Je savais à ce moment que je le finirai avec Pauline. Je lui propose d’accélérer de peur qu’elle ait tout de même réduit sa vitesse pour moi… Le rythme ne change pas… On profite des montées pour remarcher et prendre quelque peu notre souffle… Le manque d’air est plus que perceptible… on repasse à nouveau devant le groupe qui nous encourage, je souris car je sais, je sais que nous rions au bout… Pauline me dit de partir devant, je refuse car sans elle je n’en serais pas là… J’essaye de lui rendre l’appareil, bien que ce soit impossible… Je lui propose de lui arroser sa casquette au robinet en même temps que la mienne… J’essaye de faire retarder au dernier moment la zone de marche… On échange quelque peu lors des ravitaillements… On a trouvé notre rythme… On dépasse ainsi PYT qui était à son dernier tour…
Le troisième tour ressemble au second excepté que la chaleur n’est plus aussi écrasante… cela fait du bien… On termine en se donnant des petits objectifs de fin de course. « Allez ! Pauline tu peux gagner une place si tu doubles la fille devant » et idem pour moi…
Nous terminons ensemble… j’ai mis 10h23.
Plus que déçu, j’hésitais à écrire ce CR… mais le fait d’écrire extérioriser cet échec et surtout d’analyser les raisons est plus que bénéfique… Je dois apprendre de cette aventure. En tout cas je tiens à remercier tous le groupe de supporters pour leurs encouragements, Pauline sans qui je n’aurai pas terminé et Marine qui me soutient et accepte ce sport plus que prenant…
PS : 3 pages je m’améliore… :P
PS² : à l’origine c’était un Word... :D


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