28 août 2012

Triathlon IM Gravelines, dimanche 26 août 2012

par Anouk

Cette année, j’ai fait 4 courses dont 3 ratées (duathlon long de Cambrai, LD de Troyes, CD de Nouâtres), j’ai été en mauvaise forme pendant 3 mois, j’ai cassé mon vélo fin juillet, j’ai dû faire des examens médicaux (cardio) jusqu’à une semaine de la course, et la veille, il y avait une espèce de tempête. Bref, si j’avais été superstitieuse, je serais restée couchée. Mais j’ai préparé mes affaires dans l’obscurité, je me suis rendu compte que j’avais oublié mon bonnet dans la voiture, mes gels pour la CAP (trop tard pour un deuxième aller-retour), et je me suis mise à l’eau vers 6h50 comme tout le monde (= 150 messieurs et 10 autres dames).

Il y avait un vent terrible (50 km/h constant, + de grosses rafales), le fond de l’air n’était pas froid mais j’ai greloté du départ de la natation jusqu’au 20e km de vélo environ. Dans l’eau, ça me faisait boire la tasse La blague du départ était : "Quelle idée de faire un triathlon en hiver !". (Mais la veille, les enfants étaient entrés dans l’eau sous la pluie, et sans combi !).

La natation avait lieu dans un grand bassin d’entraînement pour l’aviron : 2,3 km de long, 140 m de large, 3 m de profondeur. Donc un aller-retour dans les algues, d’abord sous le vent (j’avais l’impression d’avancer !), puis contre le vent (plus long). A ma grande surprise il y avait toujours des gens autour de moi (d’habitude, je suis complètement isolée à la fin). Il paraît qu’il y avait un peu plus que 3,8 km ; je sors de l’eau au bout de 1h31 ; il restait encore pas mal de vélos dans le parc.

Je fais une mauvaise transition comme d’habitude, mais un peu plus courte qu’à Gérardmer où je pense que j’avais le record. La première chose à faire après avoir enlevé (difficilement) la combi (vous avez déjà enlevé une combi en grelottant violemment ?) a été de mettre le super coupe-vent sans manche prêté par Pascal, dans la poche duquel j’avais glissé une petite pompe, une 2e chambre, et quelques barres en plus de celles qui étaient déjà sur le vélo. Je n’avais pas mis d’élastiques (et au moment où je suis sortie, tout le monde avait ses chaussures aux pieds) parce que le parc était dans l’herbe.

Pascal m’avait aussi prêté sa montre Garmin ; comme je suis assez maladroite, j’avais annulé le réglage "course", mais je voyais quand même la distance et le temps, donc j’avais une idée de ma moyenne. A ma grande surprise j’ai roulé à plus de 30 km/h pendant une bonne heure, sans particulièrement forcer. Mon objectif était 28 km/h sans vent, donc de ne pas trop descendre au-dessous de 27 dans les conditions réelles de la course.

Le parcours vélo était en 3 boucles de (plus de) 60 km ; en tout au moins 186 km (pas glop). Très roulant s’il n’y avait pas eu de vent ; deux minuscules bosses très faciles par tour ; bénévoles et marquage au sol parfaits. Très peu de voitures, un vrai plaisir, sauf les 25 km d’affilé contre le vent (par tour). Au moment où on tournait à gauche après cette séquence assez rude, et qu’on était un peu protégé, tout le monde ralentissait, mangeait, buvait, bougeait les bras. Moi, je doublais.

Grâce au casque aéro de Pascal (et à son conseil de ne pas me redresser du tout contre le vent), j’ai doublé sans effort plein de messieurs qui craquaient, étaient tout droits sur leur vélo, sur le petit plateau — en revanche j’ai bien forcé dans les parties sous le vent. Bonne stratégie, élaborée par Pascal. Je m’étonnais moi-même de doubler aussi facilement.

Vers midi le vent est un peu tombé (il en restait encore pas mal, cependant), et progressivement le soleil est apparu. La course a commencé à être vraiment très chouette ; j’ai pu apprécier les jolis canaux de l’arrière-pays de Gravelines.

En tout, je suis restée 6h45 sur le vélo ; je n’ai jamais eu envie de m’arrêter ; je n’ai même pas eu trop mal en haut du dos (et pourtant je me suis assez peu redressée — en particulier au début, car j’avais tout simplement trop froid). J’ai bu seulement 3 bidons d’eau + malto ou hydrixir et quelques gorgées d’eau, j’ai mangé 5 barres de pâte d’amande et 2 pâtes de fruit.

En posant le vélo, j’ai fait bien attention de ne pas commettre de nouveau une erreur faite sur le LD de Troyes cette année : trop boire pendant T2 (à Troyes, je n’avais presque rien bu sur le vélo, et je me suis dit bêtement qu’il fallait que je boive — résultat : crampes d’estomac horribles pendant pratiquement 10 km). Moralité : je ne bois que quand j’ai soif, je ne mange que quand j’ai faim, je laisse les calculs nutritionnels compliqués à ceux qui n’ont pas mal au ventre.

Les premiers km de CAP sont toujours un peu difficiles pour moi ; j’ai du mal à trouver le bon rythme respiratoire. Je découvre avec bonheur que Pascal et les filles sont là ! Ils ont fait du tourisme le matin puis sont revenus pour de longues heures sur le site du tri (pas très bien aménagé pour le public, à ce qu’ils m’ont dit après).

J’ai adoré la CAP : déjà, le parcours était bien protégé du vent (sauf autour du bassin d’aviron) ; ensuite, il a fait beau ; et enfin, c’était joli. Ca commençait dans un bois autour des fortifications de Gravelines (ça, c’est Pascal qui me l’a dit après, je ne m’en suis pas du tout rendu compte). Ensuite, nous courions le long de jardins ouvriers très bien entretenus, puis le chemin suivait un long chenal et arrivait le long de la plage (immense plage de sable avec des cabines en bois bleu et blanc). Les bénévoles étaient adorables ; j’étais toute guillerette sur ces 16 premiers km en aller-retour. La suite (après un petit coucou à Pascal et aux filles) était de faire le tour du bassin, et le vent s’est fait de nouveau sentir. Alors que je courais à environ 10 km/h, je suis descendue au-dessous et j’ai commencé à trouver ça dur. Mais en repartant dans le bois la forme est revenue.

Je me suis scrupuleusement arrêtée à tous les ravitaillement, au moins pour boire de l’eau, sur le conseil de Pascal. Ca marche très bien. Certes, vers la fin, je crois que je m’arrêtais un peu trop longtemps, mais je subodorais que j’étais sous les 13h et je me disais que ça ne valait pas trop la peine de se fatiguer plus. En arrivant au bassin d’aviron, Pascal m’encourage en me confirmant que je peux arriver en moins de 13h si je fais le tour de 5 km en moins de 35’ ; j’accélère un peu (autour de 10,5 km/h), surtout pour ne pas décevoir Solène ! En tout, 40 km en 4h33.

Et donc, à la fin, 12h58, 88e (il y avait beaucoup, beaucoup de messieurs très bien affutés loin derrière moi !), et ce podium F auquel je ne croyais pas même si plusieurs bénévoles m’avaient dit que j’étais 3e F. J’en suis toujours étonnée, d’ailleurs. La deuxième, arrivée 2h avant moi, était très sympa, mais ma capacité à parler anglais après 13h de course était assez restreinte. Dommage ! (Détail : le podium F scratch = le podium VF).

Alors, pour ceux qui se lancent l’année prochaine sur IM, voici quelques certitudes qui se sont ancrées en moi durant cette course :

- Contrairement à ce que je pensais il y a deux ans, un IM, ce n’est pas impossible.

- Et même, ça peu être bien plus agréable qu’une course plus courte mal préparée.

- Car le coeur de la chose n’est pas la course elle-même mais la prépa, évidemment. Prépa un peu chaotique pour moi avant fin juillet (mais quand même pas mal de sorties longues en CAP), et ensuite Pascal a pris les choses en main : vélo, vélo, vélo. Plus précisément : d’abord une sortie de 150 km toute seule, 2 grosses sorties de 170 km en Bretagne, avec fort dénivelé (et vent), plusieurs sorties de 110-120 km, deux ou trois sorties au seuil dont une avec un enchaînement de CAP, une sortie de 30 km en CAP + qq footing, puis du seuil en CAP. Et repos quasi-total pendant la dernière semaine. Et le samedi, un bidon de malto (beurk), des pâtes à midi et des pâtes le soir.

- Tout ça, ça m’a permis de finir dans de bonnes conditions, et vous voyez que ce n’est pas un volume gigantesque.

- Mais je n’ai qu’une envie, faire mieux ! Donc je vais essayer d’augmenter le volume de vélo et en particulier le seuil.

Et si l’IM de Gravelines est maintenu, j’y retourne malgré le vent et le risque de pluie, car j’ai beaucoup aimé cette course.

Merci à Pascal (coach inestimable !), Solène, Iris et Eurydice pour leurs encouragements et leur patience ! Merci à Solène de m’avoir prêté son imperméable à la fin de la course ! (certes, ce n’est pas le coupe-vent de l’EPPG, mais ça tient plus chaud, et le soleil était parti …).


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