11 mars 2013

Triathlon des neiges, un podium féminin

par Arnaud

En hiver, le triathlète, un peu frileux, n’aime pas se baigner dans les étangs froids, ni rouler vite dans l’humidité. Il a donc le choix de faire des trails, des duathlons ou des bike and run. Il existe désormais un nouveau format, le triathlon des neiges.
Nous avons donc fait ce week-end le déplacement jusqu’à Luchon (dans le Midi-Pyrénées) pour la seconde édition du Défi de l’Ours, un triathlon des neiges. Au programme, 7km de course à pied, 28km de vélo de route, donc 18km d’ascension jusqu’à Superbagnères (1200D+), et enfin du ski de randonnée (350D+).

Etant descendu en avion, nous avons pu louer sur place tout le matériel nécessaire (vélos, ski et chaussures de randonnée) très facilement.
Afin de se familiariser avec le ski de randonnée (grand première pour pas mal d’entre nous) nous avons opté pour une sortie avec guide tout le samedi, qui fut très bénéfique, avec de superbes paysages. Grâce au guide nous avons pu apprendre à mettre les peaux de phoque sur les skis (synthétiques évidement), régler les fixations et chaussures (entre les skis de rando et les skis alpins, il y a tout un monde !). Heureusement que nous avons un petit peu réviser cette partie, sinon nous aurions perdu des dizaines de minutes à chaque transition !

Restant tout le week-end à Luchon, nous avons aussi loué des chambres à l’hôtel « Un maillot pour la vie » à Saint-Mamet, et qui nous correspondait tout à fait. L’hôtel fait en fait partie d’une association, dont tous les représentants sont des sportifs de hauts niveaux, il y avait donc dans la bâtisse un vrai esprit sport, toutes les chambres ayant des noms de grands sportifs (escrimeurs, tennismen, natation, rugbymen…) et la décoration consistait en divers maillots, bonnets, et autres tenues signés par les sportifs. Nous étions dans la chambre 44, la « natation », avec à l’intérieur les maillots de bains signés de Laure Manaudou et Alain Bernard, ainsi que le bonnet de Fabien Gilot. Nous étions donc dans les meilleures conditions possibles pour nous surpasser le jour de la course.

Le samedi soir nous sommes allés récupérer nos dossards, et là, bien qu’en tenue civile (non floqués EPPG :D ), nous sommes directement démasqués, « ha c’est vous le club du EPPG 93 ». Surement dû au fait qu’il n’y avait que 100 participants, et que la plupart sont des têtes connues dans le coin, de plus qu’avec nous il y avait l’une des 10 filles inscrites sur la course. Nous avons eu toute la chance de pouvoir discuter avec l’un des organisateurs, très sympa, qui nous a tout expliqué sur la course, ainsi que sur la logistique du lendemain.
Etant donné la configuration de la course (la CAP dans la vallée, le ski dans la station d’altitude, le vélo entre les 2), il y avait 2 parcs à vélo. Il fallait donc aller poser les vélos, puis monter avec les skis (en voiture) à Superbagnères, poser les skis et chaussures, et enfin redescendre en télésiège à Luchon.
En fin d’après-midi nous avons décidé de faire un repérage de la partie vélo (hé oui, il vaut mieux pour une ascension de col), et là, tout de suite, on se dit que l’on va souffrir le lendemain ! La pente n’est pas extrême, mais 15km, c’est long ! Les virages s’enchainent, le paysage est magnifique (j’ai bien fait de le regardé depuis la voiture, car le lendemain, comme vous verrez par la suite … je regardais plutôt juste devant moi). Arrivé tout en haut, nous avons aussi vérifié le parc vélo, ainsi que le début de la piste de ski. Là nous rencontrons le second organisateur de la course, tout aussi sympa que le 1er, et lui aussi nous repère directement comme le club EPPG du 93 :P. Nous parlons aussi longuement avec lui, il nous explique le parcours ski de rando qu’il vient de tracer, ainsi que les subtilités des transitions vélo => ski de piste => ski de rando qui sont totalement nouvelles pour nous.
Après tout se repérage, nous mangeons, et allons directement dormir, le réveil étant à 6h45, afin d’avoir le temps de poser les vélos en ville, les skis de rando en haut du col, puis redescendre s’échauffer et aller au départ.

Au départ, nous nous disons qu’il vaut mieux partir doucement, afin d’en garder pour la suite, car il y a tout de même 7 kilomètres de course, et que le vélo ne sera pas simple du tout. Avec Othmane nous courons ensemble, le tout s’en trop forcer. Nous finissons la course à pied en 27’30 (le classement n’étant pas encore sorti, nous n’avons pas les places). Première transition éclair, car celle-là nous la connaissons bien !
Nous enchainons avec le vélo, avec une première partie de 12km de plat, avalés assez rapidement. Dans cette portion je me fais rattraper puis doubler par Othmane, mais tout va bien. Nous passons ensuite à la partie difficile de la journée, l’ASCENSION ! Au bout de quelques kilomètres, je sens tout de suite que je ne suis plus du tout au niveau, hé oui, je n’ai pas sorti mon vélo depuis septembre (triathlon de Gérardmer), et mes seuls moments sur une selle étaient des parcours en vélibs de 3 kilomètres, autant dire rien du tout depuis 6 mois ! A chaque petit replat, je revis, et lors des deux petites descentes, je suis tout content, même si je ne dois pas dépasser les 20 km/h en roue libre. Les virages de montée s’enchainent, je souffre de plus en plus, les pignons vont de plus en plus à gauche … A ce moment je suis très heureux d’avoir loué un triple plateau, car sans le 30x26 je serai encore dans les virages ! Petit à petit je me fais doubler par encore plus de concurrents, ma vitesse dégringole, puis c’est au tour de Pierre-Yves de me doubler. Je vois qu’il est très heureux de me rattraper, lui qui sort d’un stage vélo, ça paye ! Au ravitaillement je prends à manger et à boire, puis repars, mais au bout de 20m j’hésite à faire demi-tour pour m’assoir un peu dans la voiture … mais au mental je me dis que non, il faut continuer !
Au bout d’une heure de vélo, je pense que les 1er sont sûrement en haut, rapide calcul, moi je suis encore loin, je mettrais sûrement 1h45 ou plus, alors que nous avons tablés sur 1h30.
Les virages s’enchainent encore, je me fais encore et encore doubler, je suis désormais à 6km/h et j’ai les cuisses qui souffrent … j’ai envie de m’arrêter et marcher. Au loin je vois une voiture, je me dis que je vais faire une petite pause avec les gens, voir me monter en voiture, mais jusque quand j’arrive à leur niveau ils démarrent et partent … surement un signe que je ne devais pas m’arrêter, je continu donc … En montant je regarde en contrebas, me disant que Pauline va elle aussi me rattraper.
J’arrive ensuite au virage sans barrière, que nous avions repéré, je sais que je ne suis pas du tout arrivé, mais la pente est plus douce. J’arrive enfin à vue de la station, nous longeons les pistes, et là les skieurs m’encouragent, les gens sur les télésièges aussi, la force revient et je fini par une pointe de vitesse à 9 km/h ! 2h00’36 de vélo pour 28km, 1200D+, surement l’un des pires temps des concurrents. Il faudra absolument que je sorte mon vélo, les entrainements vélibs, ça ne suffit pas :(
En posant le vélo, je suis heureux d’en finir avec cette partie, j’arrive même à courir jusqu’à ma zone de transition. Transition inédite, vélo vers ski de rando, je pose le vélo et le casque, ça je connais, puis il faut mettre ses chaussures de ski, les serrer, mais rapidement. Je prends mes skis et les battons, un organisateur me dis de remettre mon casque vélo, ok. Et là je vois que j’avais oublié mes peaux de phoque, oula, j’aurai été malin tout en bas sans la partie cruciale des skis ! Au ravitaillement je prends de la boisson énergie, ça ne me fera pas mal pour la suite. Arrivé sur la neige, je mets mes skis, avec grande difficulté (les fixations sont totalement différentes, il faut bien viser les pics, mais je ne suis plus tout à fait frais, alors c’est dur (T2 = 5min54).
Première partie du ski, la descente, ça je sais faire, le tout sur une piste rouge. Je double quelques concurrents, mais les cuisses sont très durs, à chaque virage je tétanise un peu, au bout d’un moment, étant près des crampes, je vais tout droit tout schuss, je freinerais en bas ! En 5 petites minutes nous sommes en bas.
Là nous arrivons à T3, encore plus technique ! Il faut déchausser, décoller les peaux de phoques entre elles pour les coller sur les skis, le tout dans l’axe, et rapidement (enfin plutôt comme on peut…). Il faut aussi régler les chaussures en mode « rando », mais c’était plus simple sur les skis, ça je m’en souviens mais trop tard … tant pis, je galère un peu. Ensuite il faut modifier les fixations pour passer en mode rando, rechausser les skis, ranger le matos dans les poches. Ca y est, je suis paré pour la dernière partie ! (T3 = 5min30). Je ne pense pas avoir été trop mauvais sur T3, car personne ne m’a doublé. La transition était plus cool, on parlait et déconnait un peu, c’est ça apparemment l’esprit « derniers de la course ». La personne qui était à T3 nous annonce un ravito un peu plus haut.

Je pars en même temps qu’un autre concurrent, qui semble assez familier avec la rando. Nous démarrons dans un chemin forestier qui monte à 26% d’après l’organisation, ça pique un peu. Je reste derrière lui, même si je sens que je peux aller plus vite, il vaut mieux en garder jusqu’en haut. Nous doublons quelques concurrents, qui semblent pour la plupart avoir mal aux cuisses. Petit check sur la Garmin, on monte à 750m/h, c’est pas mal. Au bout de quelques minutes, on se demande avec mon collègue de montée où se trouve le ravito, car il faut un peu chaud ! Finalement nous n’en croiserons pas jusqu’à l’arrivée, tant pis, il y avait de la neige partout pour les plus assoiffés.
Lui fait une petite pause, moi je décide de tout faire d’une traite. Je double un autre concurrent, qui me demande où nous en sommes. A la montre je vois que nous sommes à 1650m, il reste donc 150m de D+, soit 15 min environ.
Nous arrivons sur la partie piste, et là je sais que c’est la fin. Malheureusement aucun concurrent à vue, donc personne à doubler, il faudra juste faire attention à l’arrière. Au loin je vois Othmane et Pierre-Yves qui m’appellent et m’encourage, c’est dur au niveau des cuisses, mais je serre les dents, petit sprint finale en pas chassé, sans tomber, 32min de montée.
A l’arrivée, 3h16, le soleil est là, il ne fait pas froid, tout est bien. En enlevant les skis je crampe un peu partout, mais c’était super fun de faire du ski de rando et franchir une ligne d’arrivée sur la neige, le tout dans une station de ski.

Mes résultats :


Je vais au ravito finale, et là, 4/5 min après moi voilà Pauline ! C’est vrai que j’ai très mal roulé, on s’apercevra même que mon temps vélo est supérieur au sien…

Nous nous changeons, prenons des habits bien chaud, puis nous prenons un panini à la station, récupérons toutes nos affaires. Le remplissage de la voiture s’avère un peu compliqué, car il y a 4 vélos, 4 paires de skis, 8 chaussures, tous nos sacs. La descente se fera donc pour certains encore en œufs.

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Nous nous rendons à la remise des prix, avec de grandes chances de podium pour Pauline. Nous voyons que certains clubs locaux sont venus en force, comme le club de Pau Triathlon avec une vingtaine de membres environ. Les 1ers au scratch sont appelés, et nous apprenons que le vainqueur tentera cette année de se qualifier pour Hawaï, il était vraiment imprenable.
Pauline est appelée, elle finit 1ère S1/S2, et reçoit un beau bouquet, une grande coupe et un tonnerre d’applaudissement.

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C’est sur cette note finale que nous finissons ce merveilleux week-end, qui n’aurait pas été possible sans toute cette belle organisation. Nous en gardons de merveilleuses images, dans un cadre magnifique. Cette variante du triathlon est super sympa, nous reviendrons surement l’année prochaine, encore plus nombreux, un peu mieux préparé, surtout en vélo, et aussi en transition :P

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EDIT : les résultats sont dispos sur : http://www.au4etop.fr/luchon13.xls


11 mars 2013

Magnifique CR Arnaud ! alors comme çà on a failli finir en voiture ??? ;-)


11 mars 2013

Tu auras en plus pendant ce tri, connu l’ambiance "derniers de la course". Une première pour toi, à ne pas renouveler de sitôt.
Ton récit donne envie d’y aller, mais faut s’entrainer en hiver pour ça :-(


11 mars 2013

Un grand bravo à vous pour nous avoir aussi bien représentés à l’autre bout de la France ! Et Pauline waou c’est super ce podium , t’es trop forte !!!

Bonne récup:-)


11 mars 2013
11 mars 2013

Bravo les EPPGiens, et RESPECT à Pauline ! ( Et puis, dormir avec le maillot de bain de Manaudou...:-O


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