6 septembre 2010

Le triathlon XL de Gérardmer - Sept. 2010

par Jean-Marc

Le triathlon dont j’ai rêvé.

Ca y est c’est le grand jour. Je me retrouve parmi les 1200 triathlètes prêts pour le départ du XL. Je remarque pas loin de moi Faris Al-Sultan (vainqueur de Hawaii en 2005). Je m’approche de lui et lui demande « Hi Faris, do you know Pascal Ludwig ». La suite de la conversation est en anglais, mais je mets la traduction en français. « Il enseigne à Abu Dhabi ? ».

- Mais bien sûr je le connais, il me téléphone quand il enseigne à la fac, on roule parfois ensemble, c’est un gros rouleur ! Tu le connais ?
- Oui, il est dans mon Club.
- Super, viens près de moi. On fait la nat’ ensemble si tu veux.

Je me retrouve ainsi au milieu des élites tout excité. Pan, le départ est donné, je reste concentré dans les battements de jambes de Farid, je glisse dans l’eau, je me sens bien. Au 1400m, sortie de l’eau à l’australienne. Je suis toujours au contact de Farid. Il me regarde, lève le pouce pour me dire que tout est OK. Je lui fais le signe des nageurs de combat dubaiotes qui veut dire : tout va bien, je reste dans tes jambes, continuons comme ça.

Zip, zip, la fermeture éclair de la chambre de Gilbert me réveille. Nous ne sommes que vendredi, la course n’est que demain. Je reste encore au chaud dans mon duvet sous les couvertures.


6 septembre 2010

Gérardmer, un triathlon, un lieu tout particulier pour moi, car c’est ici que tout à commencé.

Septembre 1994, pour la première fois j’entends le mot triathlon. Gérardmer fait parti des rares lieux qui ont donnés ses lettres de noblesse au triathlon en France. Philippe FATTORI, géromois et premier triathlète à courir sur le circuit mondial (il est actuellement le sélectionneur de l’Equipe de France de tri) organise un briefing pour les courses jeunes. Je m’y rends et finalement décide d’envoyer Arnaud, il a 8 ans, au feu pour être sûr que l’on peut survivre après une telle épreuve. Je découvre des mots inconnus, drafting, transition…

Arnaud survit, je me décide à lui emboiter le pas l’année suivante. Ainsi mon premier triathlon date de juin 1995. Jennifer y débute en 1996, victime d’une erreur d’aiguillage d’un bénévole elle finira 2ème, Arnaud lui goutera déjà au podium : 3ème. Morgane débutera en 1998 à 5 ans, elle commence sa série de 11 victoires sur les terres géromoises.

Ce triathlon XL faisait parti de mon objectif de la saison 2009. Malheureusement la grande faucheuse a faillit m’avoir et me condamne au repos forcé toute la fin de l’année 2009.

Qu’à cela ne tienne, 2010 sera mon come-back. Me voilà ainsi sur le départ de cette course attendue depuis un an et demi. Mon entrainement est « assez » conséquent : depuis le 26 juillet 2009, 1200 km de vélo, 7h00 d’entrainement de CAP dont les 3 quarts sur les triathlons de début de saison, je nage avec mes deux bras depuis mars.

Mon objectif est simple, natation et première transition en 45 minutes, vélo, 1h15 au tour soit 3h45, le semi au mieux en 2h15, plus 5 minutes pour la deuxième transition, soit un temps idéal de 6h50. Pour être plus réaliste je table sur 7h00 au grand mieux et 8h30 si j’éprouve des difficultés en course à pied.
Avec Gilbert nous sommes sur LE lieu de la course depuis mercredi soir. Jeudi matin reconnaissance de la boucle de course à pied, je fais seul la reconnaissance de la boucle vélo que l’on fera 3 fois en course. Je connais les routes presque par cœur, les ayant foulées en course à pied, ou en VTT. Aucun stress durant ces quelques jours, ma meilleure nuit sera d’ailleurs celle d’avant course.

Samedi, le grand jour est arrivé. Réveil à 6h30, les derniers préparatifs. Lé vélo est dans le pars depuis la veille avec tous les sacs pour les transitions. 8h30 sortie du parc à vélo pour se rendre sur l’aire de départ de natation. Je cours avec la trifonction Club, chaussures vélo sur les pédales, en configuration Sprint donc.

Echauffement dans l’eau à presque 18°C. Premier pipi, dans la combi. 6 minutes avant le départ tout le monde se place, 1200 triathlètes cela fait du monde. J’ai perdu Gilbert pendant l’échauffement de natation, j’aurais bien aimé qu’il soit là prêt de moi. Le speaker chauffe le public, fait taper dans les mains public puis triathlètes. I got the feeling hurle la sono, un hélico nous survole puis fait un poste fixe sur le lac. Deux minutes avant le départ, sous la combi mes poils sont dressés. L’émotion monte… Pan c’est parti, placé côté droit en troisième ligne je rentre dans l’eau sans stress, prend un coup qui vient de ma gauche mais très vite la nage est souple. L’eau est très claire, je ne sens pas la température, je pense à glisser. J’ai l’impression d’une balade, je dois nager plus lentement que lors de mes derniers entrainements à Torcy. Première bouée à 800m, la nage est tranquille, sortie à l’australienne au 1400m. Passée la dernière bouée, il reste moins de 300m je mets les chevaux.

Sortie de l’eau, j’entends quelqu’un qui crie mon prénom, une amie est là pour m’encourager. Je veux l’embrasser, je n’ai que le temps de rapidement lui serrer la main. J’enlève ma combi néoprène devant les racks contenant les sacs de transition, repipi. Comme je ruisselle d’eau je semble propre. Dans la tente de transition il y a foule, je trouve une place sur un banc, range la combi, enfile mes chaussettes, mets les barres de céréales dans la pochette de la trifonction et fonce à mon vélo, emplacement 1021. Voilà, la nat’ s’est bien déroulée sans forcer, c’est la partie la plus facile. Je contrôle le temps. 44 minutes depuis le départ. Je suis pile dans mon planning.

Trois tours de vélo à faire. Je respecte scrupuleusement les consignes de mon kiné, mes chaussettes de contention sont baissées et je ne vais quasiment jamais me mettre en danseuse. Les montées passent sans problème. Par tour nous avons trois ravitaillements vélo situés en haut des cols. Phénoménal, une pléiade de bénévoles est là pour vous distribuer bidon d’eau, chocolat, pain d’épice, gel…. C’est fou. Finalement il est inutile d’apporter son propre ravitaillement. La portion à 16% passe sans problème, heureusement que le week-end précédent avec Gilbert nous avons grimpé plusieurs fois la bosse du triathlon d’Enghien. Les descentes sont fabuleuses. Presque tout le parcours est fermé à la circulation, je m’éclate dans les descentes, au troisième tour je ne touche pas les freins dans ces portions. Vitesse maxi atteinte 72 km/h.

Le premier tour est fait dans le respect de mon planning, 1h14, tout va bien. Au deuxième tour je commence à perdre un peu de temps. A l’entame du troisième tour, l’émotion commence à me gagner, je me rends compte que je commence le dernier tour vélo. Le début de la fin. Dans les montées je souffre des fesses, je me mets un peu en danseuse pour soulager et me repose sur la selle, fesse droite. Sur ce tour je perds 15 minutes, soit la boucle en 1h30. Le genou tient bien, je ne ressens mon tendon que 3 km avant la fin du vélo. La question du pipi me hante encore. Depuis le deuxième tour vélo j’ai envie de pisser. Je me suis détendu, ai siffloté, rien n’y a fait. Je me dis que si Pascal y arrive pourquoi pas moi. En tout cas, je ne vais pas m’arrêter.
Je rentre au parc, déchausse, laisse les chaussures vélo sur les pédales. Cours vers l’aire de change. Arrivé à l’entrée de la zone de racks, tel un animal, je reconnais « mon endroit » et me libère. Ma chaussette jaunie, mais je suis soulagé. J’avais prévu une seconde paire de chaussettes pour la CAP. J’enfile mes chaussures et zou…

A pied, également trois tours à faire, un grand tour de lac. A Gérardmer, l’unité de base pour les coureurs à pied c’est un tour de lac. Ce tour je l’ai fait des centaines de fois. Je connais chaque recoin, chaque petit caillou m’est intime. J’entame le premier tour. Des amis m’attendent en VTT et m’accompagnent. On discute, je remarque que ma foulée est correcte, je ventile bien et parle sans problème. Au premier ravitaillement de CAP, une bénévole m’appelle en me disant « je suis votre ancienne voisine » et je prends un fruit qu’elle me tend, j’y croise encore d’autres amis géromois. Ce premier tour est bouclé en 45mn, je n’en reviens pas, tout fonctionne bien.

Au deuxième tour, quand je passe près de la foule des stands expo, mon nom est souvent crié, l’émotion me gagne, je me rends compte que je suis vivant, que je cours, j’ai appris la veille que mon ancien voisin à Gérardmer est mort en mars, nous étions de la même année. Lui la grande faucheuse ne l’a pas raté. Les sensations de course à pied sont présentes, j’ai plaisir à courir. Encore dans le bon timing au deuxième tour.

Le troisième tour sera identique aux précédents, une belle foulée, l’émotion encore plus forte quand je passe près de la foule, puis l’arrivée qui approche, j’y suis, je vais être Finisher, moi qui il y a une semaine pensais abandonner après le vélo ou courir en relais, quelqu’un faisant la CAP à ma place. Je pique un sprint (relatif compte tenu de la vitesse de pointe à ce moment) et tends mes deux bras pour taper dans les mains que les spectateurs tendent. Je vois le chrono au dessus de l’arche d’arrivée : 7h08 et des poussières. Extraordinaire.

Je passe la ligne, le président de l’organisation est là, nous nous connaissons, il me dit Bravo Jean-Marc. Je le sers contre moi et pleure. On me remet ma médaille de Finisher, une serviette de bain et repleure dedans. Gilbert est là, il m’attendait, je le sers contre moi encore tout ému. Il avait confiance en moi, depuis les 7h00 de course il m’attendait.

Je pensais cramper aux jambes la ligne franchie, rien, je n’ai mal nulle part, aucune courbature.

Place au ravitaillement à présent. Je prends un morceau de pastèque, un peu de Gatorade orange. Puis place au vrai ravitaillement vosgien, un vrai de vrai, pas comme on trouve dans ces courses de village fut-ce t’elle sur distance Ironman. Ici tarte flambée, saucisse alsacienne, bière à gogo. J’ingurgite une tarte flambée, boit deux bières. Le bonheur continue.

Avec Gilbert nous nous rendons au massage. Une cohorte de tables emplie le gymnase, une minute de queue et nous sommes pris en main. Massage approfondie des deux jambes.

La course est finie, vivement le prochain.

Avec Gilbert on se dit que l’année prochaine on refera Gérardmer plus un autre half début octobre avec un parcours vélo plat pour faire éclater les chronos. On note celui de Miami, mais c’est un peu loin…


6 septembre 2010

BRAVO

Je suis vraiment déçu de ne pas pouvoir être venu vous voir, mais promis l’année prochaine je viens, je tenterai même peut être quelque chose moi aussi, un CD pour commencer :D

Super résumé, plein de vie, ça donne vraiment envie de rentrer dans le monde du triathlon !!

BRAVO à vous deux encore !!


6 septembre 2010

Bravo pour ta course, et merci pour ce super compte-rendu plein d’émotions. Maintenant place à la récup !

A bientôt,

Pascal


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