22 août 2011

Ironman II : Challenge Vichy, 21/08/2011

par Pascal

Attention : cr très très long ! En effet j’ai plein de choses à raconter !

L’avant course : la tension monte, le thermomètre aussi.

Je ne vais pas vous barber avec le détail de ma préparation, donc je dirai juste (modestement !) que je me suis vraiment bien préparé. Cette année à cause de mes blessures et soucis de santé je n’ai vraiment commencé à être en très bonne forme que fin juin/ début juillet, et je crois que je suis arrivé à un bon pic de forme à la fin de la prépa IM. J’ai plus travaillé l’endurance en CAP que l’année dernière pour essayer de progresser un peu sur le marathon (je pensais pouvoir gagner entre 5 et 10 mn), et surtout j’ai adopté une nouvelle position sur mon vélo qui m’a permis de faire des moyennes en très net progrès par rapport à l’année dernière.

Du point de vue sportif, tout se présente donc au mieux jusqu’à ce que la météo annonce trois jours de canicule dans l’Allier, avec un pic justement le dimanche de la course qui risque d’être le plus chaud de l’année ! Bon, c’est fort ennuyeux, mais je me dis pour limiter le stress que la météo peut se tromper (ben non, elle ne se sera pas trompée ...), et comme me fait remarquer Christine lors de mon dernier entraînement à Torcy jeudi dernier, à Hawaï aussi il fait chaud (en général moins chaud en fait, mais ça on ne pouvait pas le savoir à l’avance !).

Nous arrivons le vendredi vers midi sur le site de la course. L’organisation est assez impressionnante : autant de bénévoles que d’athlètes, le palais du sport qui accueille la pasta party (et, comme je m’en apercevrai à l’arrivée, un gargantuesque buffet d’après course), le tout dans un cadre sympa et « familly friendly » comme je crois en général sur le circuit « Challenge », puisque les nombreuses pelouses permettent de se reposer à l’ombre, de jouer au ballon, de pic-niquer, etc. En début d’après-midi, il fait déjà bien plus de 30° et je vais reconnaître les 35 premiers km du parcours, avec quelques petites bosses gentillettes et un faux plat montant. J’en retire l’impression que le parcours est vraiment très roulant, puisque je boucle ces 35km à plus de 34 à une intensité d’effort réaliste pour un IM. Je pense donc pouvoir boucler les 180km autour de 34 de moyenne, 33 au pire du pire, puisque la fin du circuit (à faire deux fois) est en faux plat descendant. Cruelle erreur, comme vous le lirez plus bas !

Après la pasta party sympa, nous rejoignons notre chambre d’hôtes située à 10km du site de la course, dans un petit manoir doté d’une piscine très fraiche. La nuit est agréable, et nous nous rendons de nouveau le samedi matin sur les lieux du départ : je vais d’abord reconnaître le parcours natation (du moins une petite partie, puisque je nage 40mn très cool), puis Solène participe au duathlon organisé pour les enfants, et comme souvent depuis un moment elle se classe première fille. Bravo Solène, tu es de loin la meilleure sportive de la famille (mais va falloir apprendre à utiliser un prolongateur) !

Au niveau du parcours natation rien de particulier à signaler, si ce n’est que le plan d’eau est assez moche et l’eau plutôt de très mauvaise qualité (plutôt genre Enghien-les-Bains que Troyes pour ceux qui connaissent...). Je pense que c’est le gros point faible de cet ironman, même si l’organisateur n’y peut rien.

La dernière nuit avant la course est très chaude mais aussi très courte, puisque nous nous levons tous vers 5h. Comme mes filles sont adorables, elles ne protestent (presque) pas, Eurydice est même super contente car ce qu’elle déteste c’est plutôt de se coucher. Un morceau de gâteau sport, et c’est parti pour une belle et longue journée de sport.

La course : 26 degrés 2 le matin, 38 l’après-midi : Hawaï sur Allier.

Personnellement je crains deux chose par-dessus tout au départ d’un triathlon longue distance : qu’il fasse plus de 30 degrés, et que la combinaison de natation soit interdite. Je savais depuis plusieurs jours qu’il allait faire plus de 30° pendant ce premier Challenge Vichy, et du coup j’avais sérieusement révisé mon objectif de départ à la baisse : alors que je m’étais entraîné dur avec pour objectif de passer sous les 11h — et dix jours avant le départ j’étais certain à 90% de réaliser cet objectif —, je me dis que ça sera absolument impossible, et qu’il vaut mieux tenter de faire un classement correct, disons dans les 100 premiers (ce qui n’est pas évident avec 30 professionnels au départ et 460 partants bien affutés). Vous imaginez ce que j’ai ressenti, à 6h du matin en entrant dans le parc à vélos, en voyant que la combi était interdite, l’eau étant passée de 21° le samedi à 26,2 degrés ! Il n’y a rien à dire évidemment, avec une eau aussi chaude, et la température annoncée à 38-40 dans l’après-midi, il serait dangereux de nager en combi. Mais je peux dire adieu à tout espoir de figurer correctement au classement scratch, je sais très bien que je vais prendre de très gros écarts et que je n’aurai aucune chance de rattraper en vélo les triathlètes de mon niveau en course à pied. Drôle de course donc, qui commence avec un très très gros coup de déprime puisque je ne suis même pas sûr d’arriver à terminer la natation dans les délais. Je demande à Solène si elle pense que je dois abandonner tout de suite ou attendre un peu, mais même si elle ne me répond pas, je sens bien qu’elle serait déçue si j’abandonnais.

Sur la ligne de départ l’ambiance est assez tendue, nous sommes nombreux à tirer la tronche. Le départ n’est cependant pas du tout stressant : je crois que sans combinaison les athlètes nagent de façon moins violente. En tout cas je ne reçois aucun coup, et les 500 premiers mètres passent très vite. Ensuite ça se gâte rapidement. Premier problème : étant donné la mauvaise qualité de l’eau, on ne voit rien, impossible de prendre des pieds. Je me retrouve donc assez vite seul, vers les 1000m. Second problème : j’ai axé cet été mes entraînements natation sur la nage en eau libre avec combi (en mer et en lac en Bretagne, on ne peut de toute façon pas nager sans). Mais sans combi, je suis nettement plus bas dans l’eau, et donc je bois plusieurs fois de grosses tasses en respirant par devant pour m’orienter. J’aurais dû m’entraîner à m’orienter aussi en piscine. Troisième problème : avant le demi-tour, comme j’ai perdu le groupe dans lequel j’étais, je me retrouve esseulé dans une zone de courant défavorable et je n’avance plus du tout (et oui, c’est un lac de retenue mais sur l’Allier, donc il y a un peu de courant, au moins à un endroit ...). Un bénévole sur son canoé vient gentiment me le faire remarquer et me conseille de rejoindre les autres, que je vois effectivement nettement sur la gauche, à une centaine de mètres. J’y vais, et là je me retrouve empêtré dans des algues, plein d’algues, des tonnes d’algues. Impossible de crawler, je passe donc en brasse en perdant quelques minutes (je crois que certains ont eu une mésaventure semblable à Nouâtre, donc vous me croirez si je vous dis que j’ai vraiment perdu du temps dans ces algues ...). Bon je garde mon calme, j’arrive au demi-tour, et le retour se passe mieux : je rattrape quelques nageurs, ce qui prouve qu’il y a toutes sortes de degrés dans la nullité natatoire.

A la sortie de l’eau, impossible de voir mon chrono, s’il y avait un chrono j’ai dû le rater ce qui est possible car je n’étais pas super lucide. Je le demande à Anouk, mais heureusement elle n’a pas fait attention à ce détail. Heureusement, car après la course je découvrirai que j’ai nagé en 1h50, soit 25’ de plus que prévu ! 376ième temps, il y a encore du monde derrière ...

Première transition : il faut demander le sac vélo au bénévole, aller se changer dans une grande tente pourvue de bancs et de chaises, puis repartir. Comme c’est décidément mon jour de chance, la gentille bénévole qui cherche mon sac ne le trouve pas — pourtant, il n’en reste pas tant que ça — et je perds une bonne minute. Elle semble penser qu’à ce niveau de la course, ça n’a plus trop d’importance (elle ne sait pas qu’elle a affaire à un Überbiker qui peut rattraper les 3/4 des nageurs qui l’ont précédé, mais je ne lui en veux pas du tout car à ce moment je me sens plus unter que über).

Là je me sens mieux que dans l'eau et j'ai la gnaque !
Là je me sens mieux que dans l’eau et j’ai la gnaque !

Dans la tente, j’enfile un super singlet Zerod tout blanc et tout neuf que j’ai acheté la veille pour avoir les épaules mieux couvertes qu’avec la trifonction, et je prends mon matériel de réparation. Une bénévole me tartine littéralement de crème solaire, je glisse le tube de crème dans une des poches de mon singlet pour pouvoir remettre une couche de crème après un tour de vélo, et c’est parti pour quelques heures de mon sport préféré en plein soleil. Mes efforts de lutte contre le soleil ont payé car aujourd’hui je n’ai pas un seul coup de soleil !

Un mot du parcours vélo pour ceux que la course pourrait intéresser dans le futur : il y a deux tours identiques de 90km. La première moitié du tour est en léger faux plat montant, la seconde moitié en faux plat descendant, pour un dénivelé total très faible de 750m (pour les deux tours). L’ensemble est agréable, les revêtements tout à fait corrects, il y a très peu de voitures, et, en pleine campagne, on peut profiter de très belles vues sur les volcans d’Auvergne lorsqu’on n’a pas comme moi le nez sur la roue avant. De plus l’organisation a très bien fait son travail car le parcours est bien sécurisé. Il y a 5 ravitaillements par tour, soit dix au total.

Lors du premier tour tout se passe idéalement bien. Certes j’ai plus mal aux jambes que l’an dernier à cause de la natation — eh oui, sans combi il faut battre des jambes pour flotter, et pendant 1h50 ça entame déjà bien — mais je roule bien, sans forcer car je veux m’économiser au maximum, et je rattrape beaucoup de monde. Je roule en gros à 32 de moyenne sur la première moitié du tour où le vent est défavorable, et en gros autour de 36 sur la seconde où il est favorable. Au demi-tour, que je boucle en 2h40, mon compteur affiche un bon 33,5, et je ne suis pas fatigué du tout. Je pense alors pouvoir terminer le vélo en 5h20 et je retrouve le sourire.

Mais c’était compter sans la chaleur ! Nous sommes partis à 7h15, si on rajoute 1h50 de natation, presque 5’ de transition et 2h40 pour le premier tour, ça nous conduit autour de midi, et la température va grimper, et encore grimper. Certes il faisait chaud au départ du vélo — je pense déjà autour de 30° — mais rien d’insupportable, d’autant qu’il y avait un bon petit vent et quelques nuages. Jusqu’au km 130 tout va encore bien, je refais la première partie du second tour à 32 de moyenne. Et là tout d’un coup, de façon assez brutale, je commence à avoir très soif et à ne plus avoir assez d’eau dans mes bidons pour étancher ma soif. Il n’y a pas d’ombre du tout dans cette partie du parcours. J’ai la gorge sèche, il fait de plus en plus chaud, il n’y a plus de nuages, et c’est l’explosion : je perds toutes mes forces et n’arrive plus du tout à avancer. Visiblement je ne suis pas le seul à sentir les effets de la déshydratation, car si je ne double plus tellement (encore un peu tout de même), je ne me fais pas doubler non plus.


Résultat de l’explosion : ça fait mal et je dois adopter une position parfaitement inefficace ...

Cela me redonne un très gros coup au moral, après celui ressenti à l’annonce de l’interdiction de la combinaison. Je suis épuisé, je n’ai plus la volonté nécessaire pour garder la position aéro qui est de plus en plus douloureuse, d’autant qu’il fait un peu moins chaud lorsqu’on se redresse (puisqu’on prend plus le vent), et ma moyenne qui aurait dû grimper à 33 puis 33,5 stagne puis retombe à 32. Je décide alors de rentrer en conservant cette allure raisonnable, sans risquer le coup de chaleur, et de bâcher à la transition vélo/CAP. Je me dis que puisque la course est complètement foutue, il vaut mieux abandonner et garder des forces pour Gérardmer. Je suis tellement démobilisé à ce moment là que je m’arrête même pour pisser tranquillement au bord de la route, une chose que je n’aurais même pas imaginée faire l’année dernière à Cambrai. Je boucle ce second tour en 3h, soit 20’ perdues par rapport au premier tour. Jamais je n’ai autant souffert sur un vélo, pour un temps total de 5h40, à peine mieux qu’à Cambrai où le parcours est autrement difficile, un peu plus long, et où le vent soufflait deux fois plus fort ! Ce qui montre qu’un parcours vélo en lui-même n’est jamais facile, tout dépend aussi des conditions ...

Au final : 112ième temps en vélo ; gain après T1 : 194 places.

Ma grosse erreur a été je crois, de façon stupide et malgré les conseils avisés de Noraneath qui avait attiré mon attention sur ce point, de ne pas prendre le problème de l’hydratation assez au sérieux. Je pensais qu’avec 10 ravitaillements sur le parcours, j’aurais largement de quoi boire autant que nécessaire en prenant un bidon de 75cl à chaque ravitaillement. Du coup je suis parti avec mon bidon aéro comme dépannage, dont le porte bidon est spécifique et ne peut donc pas accueillir de bidon de rechange, et un bidon à changer. Cela s’est avéré insuffisant : j’ai bu autour de 7 litres sur le vélo, mais il aurait fallu encore plus, ce qui aurait été possible avec un second porte bidon utilisable en prenant deux nouveaux bidons à chaque fois. Cela m’aurait aussi permis de m’asperger d’eau plus souvent pour faire baisser la température corporelle. Maintenant je comprends mieux pourquoi les vélos sont bardés de porte-bidons à Hawaï ...

Donc j’arrive à la tente de transition, avec l’intention de me changer (j’avais prévu de remplacer le singlet par un Tee-shirt de course à pied Mizuno tout blanc aussi, mais bien ample, afin qu’il garde l’eau fraiche dont je comptais m’asperger à chaque ravito pendant le marathon ; j’avais aussi prévu une casquette blanche avec saharienne), puis d’abandonner. Et là quelques événements me font changer d’avis : d’abord je croise une fille qui vient de déclarer qu’elle abandonnait, et j’avoue que je ne me vois pas à sa place ; puis dans la tente je croise Mikaël, un gars des tritons meldois avec lequel je me suis tiré la bourre lors de plusieurs courses, au Chtriman, au Bike and Run de Meaux, puis sur le LD de Troyes. Il va partir pour le marathon, et il a l’air d’avoir bon moral. Du coup je prends bien mon temps sous la tente pour réfléchir et faire le point, je me fais de nouveau bien tartiner de crème solaire, et je pars pour un tour en me disant qu’un footing de 10,5km au soleil n’a jamais fait de mal à personne.

En sortant de la tente je suis porté par les encouragements d’Anouk, Solène et Iris. Je change ma décision : je vais essayer de finir le marathon, mais sans me préoccuper du chrono. De toute façon le chrono je l’ai oublié comme l’an dernier sur le vélo alors ...

Le nouvel objectif étant simplement de terminer, je vais courir le plus lentement possible pour m’économiser au maximum : pas question d’exploser de nouveau. Je sais que ça sera très dur, je ne pense pas pouvoir terminer sans marcher longtemps et péniblement, mais tant pis, je vais essayer, même si je dois finir en 13 ou 14 heures. Le parcours est agréable, avec environ 50% ombragé et 50% en plein soleil. Forcément, le public très nombreux s’est posté aux endroits ombragés (pas fous les spectateurs !). Dans ces parties, tout va bien, on est porté par les encouragements vraiment super sympas des gens ; en revanche dans les parties ensoleillées on se retrouve seuls, tous plus affutés les uns que les autres pour nous traîner à 9/10km/h grand maximum. Même le futur vainqueur Stephen Bayliss, lorsqu’il m’a doublé lors de son dernier tour, courait autour de 13km/h seulement ! Pour ma part, j’ai mis 4h51 au total, soit 8,7 km/h de moyenne ; mais comme tout le monde j’ai vraiment pris mon temps à chaque ravitaillement, donc je courais je crois à 9/10 entre les ravitos : un peu plus de dix sur les deux premiers tours, nettement moins de dix sur la fin.

Un mot sur ces ravitaillements : là encore l’organisation a été excellente, puisqu’ils étaient nombreux (5 sur chaque tour, soit 20 au total), bien fournis, et qu’on pouvait se doucher au jet d’eau à plusieurs endroits. Remarquez que manquer d’eau à Vichy ça aurait vraiment été le comble.

J’ai bu un ou deux verres de coca à chaque fois, plus au moins un verre d’eau, donc sans doute au minimum autour de 4 à 6 litres de boissons sur le marathon en plus des 7 litres du vélo ... Ca nous conduit tout de même autour de 11 à 13 litres au total évaporés en transpiration, ce qui donne une idée de la chaleur qui régnait. Pour tenir le coup dans les parties ensoleillées, je mettais une grosse éponge sur la nuque et une autre devant, ce qui permettait de garder un peu de fraîcheur.

En gros, j’ai réussi à tenir un rythme assez régulier en CAP : 1h10, 1h09, 1h17, 1h15. Deux anecdotes : à la fin du semi, épuisé et écrasé par la chaleur qui a atteint son maximum, je pense de nouveau à abandonner. Je me dis que je vais l’annoncer d’abord à Anouk, qui est postée juste avant le passage de la fin de chaque tour ; mais lorsque je m’approche d’elle je me sens intimidé par ses encouragements et par ceux des autres personnes dans le public, et du coup je repars pour un tour. Dans mon dernier tour, dans une petite montée en plein soleil, je me mets à marcher, et là deux enfants me crient « eh, il faut courir ! Courez ! ». Mais ça m’est vraiment impossible, donc je continue à marcher. Comme ils se rendent compte que leurs parents n’ont pas l’air contents, l’un d’eux me demande : « Mais, dans votre course, on doit courir ou marcher ? ». Je leur ai répondu en rigolant que c’était vraiment comme on voulait ...


J’ai aussi couru de temps en temps, la preuve !

Bilan CAP : 4h51, soit le 123ième temps. Gain après la course à pied : 43 places.

Au final : 12h34 et 139ième sur 450 partants (et malheureusement seulement 287 arrivants). Donc 1h08 de plus que l’an dernier alors que mon niveau de forme était meilleur, mais l’avantage c’est que je vais récupérer plus vite : comme j’ai explosé assez tôt dans la course et qu’ensuite j’ai juste géré, je n’ai pas pu tellement puiser dans mes ressources — enfin c’est relatif hein, j’ai tout de même mal aux jambes et pour une fois même aux épaules !

L’après-course :

Donc, une course où strictement rien ne s’est passé comme prévu. Je voulais améliorer mon temps de l’an dernier dans un esprit de compétition, et je me suis retrouvé dans la peau d’un finisher malmené par les événements qui cherche juste à terminer. Par ailleurs, j’ai décidé plusieurs fois d’abandonner, dont deux fois vraiment sérieusement (je m’étais vraiment décidé quoi ...), mais je n’ai pas réussi : les circonstances en ont voulu autrement. Pourtant il aurait été très raisonnable d’abandonner, et j’ai autant de respect pour ceux qui se sont tenus à cette décision que pour les finishers — en gros 160 personnes ont abandonné sur 450, soit 36% des partants, dont un bon nombre des tout meilleurs, des gars comme Benjamin Sanson, Raoul Shaw, Christophe Bastie, Sylvain Rota, Benjamin Pernet ... Finir une telle course n’a rien d’un exploit, cela ne demande même pas spécialement de courage contrairement à ce que les gens extérieurs à la course ont l’air de croire, mais juste de l’envie ; or c’est une envie un peu étrange que de courir un marathon par 38° à l’ombre, bien déshydraté, le tout entre 8 et 10km/h. Et je comprends qu’un pro n’ait pas du tout, mais alors pas du tout, l’envie de risquer sa santé et sa saison sportive pour faire le kéké à une vitesse d’escargot dans les parcs d’une ville thermale ! Quoiqu’il en soit je suis bien obligé de constater que j’avais envie de finir et d’avoir ma belle médaille. Le pire c’est que je suis au final vraiment beaucoup plus satisfait qu’à Cambrai l’année dernière, où j’avais pourtant fait une très très bonne course pour mon niveau (je m’en rends mieux compte maintenant !). Je pense que c’est à cause de la richesse de l’expérience que j’ai vécue : un Ironman c’est un peu comme une pièce à rebondissements, tout peut arriver, mais une seule chose est certaine, c’est que si ça ne va pas du tout à un moment ça peut aller nettement mieux plus tard. C’est ce qui est intéressant dans ces courses, et finalement c’est sûrement pour ça que je me suis accroché : par curiosité, pour savoir ce qui allait se passer ensuite. Vous l’aurez compris, je suis désormais vraiment accro à ce format de course. Et puis après le vent, la pluie et le froid à Cambrai en 2010, la canicule et la natation sans combi à Vichy en 2011, je ne vois pas trop ce qui pourrait encore me faire peur ! J’ai aussi compris qu’il fallait pas mal d’humilité sur ce format, et laisser ses objectifs de chrono au second plan (même si cela reste intéressant d’avoir un objectif).

Quelques considérations d’ordre plus général sur le Challenge Vichy pour finir. J’ai trouvé l’organisation parfaite, et même si le site n’est pas d’une très grande beauté, il s’est avéré, temps magnifique aidant, vraiment agréable (nous y avons pris presque tous nos repas). Le niveau m’a semblé relevé, sans doute à cause du nombre assez faible de participants, avec tout de même beaucoup d’élites ou assimilés. Les bénévoles étaient très motivés, bien plus qu’à Cambrai, et (là aussi la chaleur devait y être pour quelque chose) les spectateurs étaient très nombreux et nous encourageaient dans un esprit excellent. Autre point positif : pas de drafting à mon niveau (l’arbitrage a été très sévère, avec plus de 10 disqualifiés). Comme je l’ai dit plus haut, le point noir est cependant le parcours de natation : plan d’eau assez moche, visibilité nulle dans l’eau, algues ..., ce n’est vraiment pas ce que j’attends sur ce type de course, et donc pour ma part je n’y retournerai sans doute pas. Cela dit ce n’est pas catastrophique non plus, je pense que j’ai manqué de chance en me perdant dans les algues. Les parcours vélo et course à pieds sont bien, j’ai été agréablement surpris par le parcours de course à pied. Avec une météo normale, je pense qu’on peut faire un bon chrono sur cette course. Je ne la vois pas concurrencer Nice tout de même ...


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