16 septembre 2013

Challenge Almere-Amsterdam 2013

par Anouk

Challenge Almere-Amsterdam (format IM), samedi l4 septembre 2013

Une course à l’image de l’année qui s’est écoulée. Souvenez-vous, avant cet été plutôt beau, nous cherchions tous désespérément un petit rayon de soleil. Hier, il est arrivé vers 19h — bien trop tard pour réchauffer quoi que ce soit. Cette année, j’ai eu froid sur 3 courses : semi de Paris, Triathlon du Pays du Roi Morvan à Priziac, Troyes. Hier, j’ai eu froid d’un bout à l’autre (enfin, pas trop en natation). Cette année, j’ai découvert l’hypothermie à Troyes. Pour Pascal, ça a été hier.

Une course vraiment dure, dont je garde peu de bons souvenirs, à part l’arrivée, où l’accueil était très chaleureux (mais ça a duré en tout et pour tout 50m !).

Bien entendu, la course a commencé bien avant samedi 14 septembre à 7h30. C’était mon objectif de fin de saison, et donc je l’ai préparé tout au long de l’année. D’abord (si on remonte vraiment loin) un B&R avec Pauline, excellent souvenir à part une cicatrice un peu moche au mollet. Ensuite le semi de Paris, donc. J’ai adoré courir avec Saïd, mais j’ai craqué vers le 16ème km. Puis la première course enchaînée de l’année, le 14 avril à Sézanne dans les côteaux champenois. Il faisait beau, l’ambiance était très bonne. Je le referai si je peux ! Ensuite, triathlon de Priziac (half) avec natation dans de l’eau à 14° et temps maussade sur tout le parcours. Trois semaines après, grosse déception à Troyes, et enfin un triathlon ensoleillé et, bien sûr, super sympa à Nouâtre. Pour finir, gros entraînement en Bretagne et à Paris en août, avec plusieurs sorties vélo de 100, 120, 150 km, un trail de 33 km, de la natation en mer et en piscine, etc. A la fin de la dernière semaine de charge, j’étais vraiment épuisée (surtout que j’ai fait quelques jogging de "récup" avec Pascal à 12 à l’heure — pas du tout de la récup pour moi !!).

Le vendredi matin (la course a lieu le samedi), nous partons vers le nord. Comme chez nous, le triathlon est une affaire de famille, Solène accompagne ses soeurs à l’école pour nous permettre de partir à 8h. Merci Solène. Pas trop de monde à la sortie de Paris, ralentissement à Lille sous des trombes d’eau, mais jusqu’ici tout va bien, à part la pluie. Au sud d’Anvers, énorme bouchon. Nous restons à l’arrêt pendant 20’ au moins. Vraiment à l’arrêt. Je coupe même le moteur. Nous commençons à nous inquiéter pour l’heure limite de retrait des dossards (17h — normalement ça va, mais comment savoir si on ne va pas rester bloquer là pendant plusieurs heures ??). Le trafic redémarre lentement, et au bout d’un temps qui paraît interminable, nous voyons un camion
carbonisé sur le bas-côté. Gloups.

Nous arrivons enfin à Almere, une ville nouvelle à côté d’Amsterdam, plutôt jolie. Il continue de pleuvoir. Le site du triathlon est en plein centre. Nous allons chercher les dossards, tout est bien organisé, sauf qu’en sortant, je me rends compte que Pascal a un bracelet rouge alors que le mien est jaune. Je suspecte une erreur : en effet, le jaune est pour le half ! Grrr ... Bon, j’obtiens mon bracelet rouge, et nous allons chercher les vélos pour les mettre dans le parc. Mauvaise surprise : l’organisation n’a pas prévu de protection : les vélos vont rester toute la nuit sous la pluie. J’achète deux grands manteaux de pluie en plastique léger pour emballer au moins les dérailleurs. Ensuite nous remplissons les sacs : rouge pour les affaires de vélo, bleu pour les affaires de course à pied. Nous laisserons le sac vert d’après-course juste avant le départ. Le mien est rempli des habits les plus chauds que j’ai pu trouver.

Ensuite, c’est la pasta party (qui là-bas porte le doux nom de "carbo party") ; elle commence à 17h. Ambiance bon enfant. Briefing à 19h, très pro, avec power-point bilingue et tout et tout (c’est le label Challenge, quand même). C’est là que nous découvrons que (disent-ils) 50% du vélo se fera sur piste cyclable et qu’il y aura quelques km de plus en hommage au fondateur du triathlon. Les organisateurs annoncent aussi une eau au-dessus de 19°, un temps pluvieux (le logo habituel avec 6 ou 7 gouttes de pluie, là-dessus ils n’exagéraient pas du tout), et un vent de force 3 (nous soupçonnions déjà une forme d’understatement, largement confirmée par la suite).

Et puis nous découvrons notre magnifique appart hôtel, très calme, spacieux, avec jaccuzi en mezzanine. Je m’endors immédiatement. Le lendemain matin, nous avions prévu de nous réveiller à 5h30. Mais Pascal se réveille avant ! Bon, c’est le moment du gatosport (je n’aime pas ça), et du départ en voiture dans la nuit et sous la pluie. Nous complétons nos sacs (j’ajoute des lunettes de soleil dans mon sac vélo — ridicule !), nous regonflons les pneus. J’enfile des jambières sous la combi. Regroupement sur le bord du lac, puis ... à l’eau ! Le départ se fait dans l’eau. J’ai froid, il fait sombre, je ne vois pas la première bouée, je me demande ce que je fais là. Coup de pistolet du départ, je prends un peu les choses en main. J’ai toujours du mal à partir en natation, mais là je me mets à nager à peu près normalement au bout de 2-3’ seulement (enfin, "normalement" pour moi). Ca va bien, je nage dans des pieds, le jour se lève un peu. Puis je me retrouve dans les algues. Je lève un peu la tête : j’ai complètement dévié sur la droite, sans doute en suivant un monsieur (facilement reconnaissance à son bonnet rouge ; le mien est jaune). Je me remets facilement dans le pack, et je savoure cette capacité nouvellement acquise de rester avec d’autres nageurs alors qu’avant j’étais systématiquement toute seule derrière. Je double même des gens !! Merci la nouvelle combi ! Je suis bien contente, mais vraiment étonnée. Je prends quelques coups à la première bouée, mais dans l’ensemble tout se passe très bien. Sortie à l’australienne sur le ponton, début de crampe en repliant la jambe pour grimper dessus, mais ça passe. Je saute lourdement dans l’eau pour repartir, et je double encore des gens, car ceux du half ont commencé (bonnets orange). Il y en a qui ne sont vraiment pas rapides !! (comme moi avant, et je compatis dûment).

En sortant de l’eau (sous la pluie) je me rends compte que mes doigts sont un peu engourdis (en fait, ils étaient encore souples et agiles, mais je ne le savais pas). J’ai donc un peu de mal à ouvrir mon sac, mettre les manchettes, les chaussettes, remonter la fermeture éclair du coupe-vent, fermer le casque. Comme presque tout le monde, je cours avec les chaussures de vélo, sur sol trempé, entre l’endroit (couvert) où sont les sacs et le vélo. Assez périlleux. L’endroit du parc réservé aux femmes est tout près de la sortie, ce qui est appréciable dans ces conditions (au cas où vous n’auriez pas suivi, il pleut et ça glisse terriblement). Je pars (sous la pluie) et je me rends compte que je n’arrive pas à passer les vitesses car mes doigts ne répondent plus. Je m’acharne : il faut quand même arriver à se mettre sur le grand plateau pour une course toute plate ! (Sur la papier, on part pour 2 tours de 90 km).

Après quelques centaines de mètres, premier choc : on arrive sur une piste cyclable urbaine. Revêtement de bonne qualité, mais ça tourne tout le temps ! La première fois, je veux freiner, ça n’a aucun effet (sauf un bruit de frottement). Je ralentis, et j’essaie d’anticiper. Mais du coup, ça ne va pas vite du tout ! A ce moment je suis derrière un Britannique nommé "Simon" (à distance
réglementaire, bien sûr). Il ne force pas vraiment. J’hésite à le doubler, car il zig-zague beaucoup. Je prends le parti de commencer la course tranquillement, sans prendre de risque. Au bout d’un moment, Simon s’éloigne. Il commence son effort. Au début du 2e tour, je le doublerai facilement.

Arrive ensuite l’endroit qui nous a fait rêver : une digue toute droite (bon, d’accord, c’est rare les digues qui tournent) de 15 km, avec la mer de chaque côté, et surtout avec le vent dans le dos !! C’est là que Pascal me double (me laisse sur place alors que je devais bien être à 35-36).

Ensuite, retour sur une piste cyclable assez jolie, mais ça roule moins vite. Plus tard il y en aura une encore plus lente dans la forêt de Zeewolde. Très joli, mais ce n’est pas comme ça que j’envisageais un parcours de triathlon longue distance. Je ne sais pas vous, mais moi je ne suis pas très habile à changer tout le temps de direction avec mon vélo. Avant de fermer la première boucle, il y a encore une digue le long d’un grand champ d’éoliennes, puis demi-tour vers le centre de la ville. En finissant le premier tour, je suis contente de ma moyenne (30) et je me sens en forme.

Je crois qu’il y a eu environ une heure ou deux sans trop de pluie. Je commençais à me dire que c’était vraiment chouette, sympa, et tout. L’euphorie des endorphines. Mais, en arrivant sur la digue aux éoliennes, j’ai déchanté rapidos. Douche *glacée*, fortes rafales en pleine figure. Pendant 15 km. Impossible d’être plus exposé. Affreux. Et pas vraiment d’autres solutions que de continuer à avancer lentement, péniblement, sur le prolongateur sous peine de reculer, et sur le petit plateau. Donc, j’avance et j’en ai marre, mais marre ! Au demi-tour je me dis, chouette, il n’y en a plus pour longtemps. C’est là que j’ai maudit les 3 km d’hommage.

Sur le parcours vélo, j’ai vu un nombre impressionnant de crevaisons, chutes, abondons. D’où un moment de forte inquiétude : si je crève, je vais avoir encore plus froid en réparant. Non, pas ça ! Et finalement, non, je n’ai pas crevé. J’avais changé mes pneus une semaine avant.

J’arrive dans l’aire de transition complètement trempée comme tout le monde. Et je constate avec dépit qu’il y a beaucoup, beaucoup de vélos sur la barre des femmes, alors que je trouvais mon temps plutôt correct. J’ai compris après que c’était surtout l’espace pro qui était rempli. Je change de coupe-vent, je prends mon bracelet de montre (que je ne peux pas mettre avant la natation sinon la combi ne passe pas) et mon petit sac de gels. Ensuite, j’essaie en courant de mettre le bracelet. J’abandonne au bout de 200 m, c’est sans espoir. Je le range avec la montre dans une poche. Là, je vois Pascal tout habillé : je lui demande bêtement s’il a déjà fini, et je suis suis toute déconfite d’apprendre qu’il a dû abandonner.

Pendant les 20 premiers km (2 tours en zone urbaine + parc assez joli, mais ma principale préoccupation est que j’ai froid), ça va bien. Je m’arrête à chaque ravitaillement pour boire du coca
ou pour manger un gel et boire de l’eau. Pascal m’encourage à chaque tour, et me raconte sa mésaventure d’orientation. Mon opinion sur l’organisation ne s’améliore pas. Au troisième tour, je
ralentis, et je commence à en avoir marre parce que j’ai vraiment froid, mais je me dis que ça serait idiot d’abandonner maintenant. Au 4e tour, ça ne va pas mieux. J’ai vraiment, vraiment froid car le soir est tombé.

En tout, 12h46, dont 1h21 de natation, 6h32 de vélo (j’étais sur une base de 6h10 avant la digue de l’angoisse, grrrr), 4h39 sur le marathon (gros coup de barre dans le dernier tour). 245e/336 finishers, dont pas mal de pro. J’ai à peine bu un litre de boisson sucrée sur le vélo (pourquoi ajouter encore du liquide à la situation ?), mangé 4 barres et un gel, puis 4 ou 5 de plus sur la CAP.

Au total, donc, il a plu et il a fait froid. Je n’étais pas du tout dans le même état euphorique qu’à Gravelines : je savais déjà que je pouvais le faire. Je voulais juste terminer. Mais c’est toujours
intéressant, une course comme ça : on découvre qu’on peut s’habituer à la pluie (si, si : parfois je ne savais même plus s’il peuvait ou non). Mais pas au vent.

Et vous savez quoi : aujourd’hui dimanche il a fait très beau ...


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